La célébrité, c’est simple comme un lancer de godasses. En jetant ses pompes à la tête de George W. Bush en
guise de « baiser d’adieu » du peuple irakien, le journaliste Mountazer Al-Zaïdi est devenu un véritable héros national. Le comité des Oulémas a vu en lui « l’icône de la
résistance contre l’occupation ». Quant à Aïcha Kadhafi, la fille du dirigeant libyen, elle a annoncé qu’elle le décorerait de « l’ordre du courage ». Chez les
Kadhafi, on a toujours eu une approche très personnelle de la diplomatie. Evidemment, l’objet volant a tout de suite été identifié. A Istanbul, Ramazan Baydan, fabricant de chaussures, a
en effet reconnu son œuvre en plein vol et loué son aérodynamisme. 370 000 paires de « Bush shoes » ont déjà été vendues et cent nouveaux employés embauchés pour répondre à une demande
croissante et planétaire. Baydan n’est pas le seul. En Chine, Liban et Syrie, d’autres industriels de la chaussure ont affirmé reconnaître leur produit. On voit ce qui nous reste à faire pour
relancer un secteur en perte de vitesse. Pour l’instant, les fortes pluies augurent de belles récoltes et le secteur du bâtiment devrait continuer son essor… Mais en cas de baisse, inutile d’injecter des
milliards de dirhams : quelques tomates bien mûres ou un coup de parpaing en direction d’un politique
mal aimé et ça repart ! Reste que le lanceur de chaussure risque de un à quinze ans de prison. Ca fait beaucoup pour quelqu’un qui a raté sa cible. D’autant que Bush qui a été traité de
« chien », n’a même pas ramené la chaussure. En ces temps de crise, l’animal n’est pas vraiment de la fête. En Angleterre, les abandons de chiens se multiplient, leurs maîtres n’étant
plus en mesure de les entretenir. Quand ils ne mangent pas eux-mêmes les croquettes de leur toutou comme l’acteur Zac Efron. C’est que ça coûte ces bêtes. Jennifer Aniston dit
dépenser chaque semaine 250 dollars pour son chien : en psy, massages et acupuncture. Bien sûr ça permettrait de nourrir pas mal de Zimbabwéens - cinq millions sont menacés actuellement par la
faim - mais un zimbabwéen affamé gambadant dans un parc, ça a quand même moins de grâce qu’un Corgi
Terrier ! De toute façon, ces histoires de chien c’est à coup sûr une combine pour faire la promo de
son prochain navet canin : « Marley et moi ». Un clébard, ça coûte, ça peut aussi rapporter. A Casa, il y aurait près de 5 000 chiens type pitbulls entraînés pour les combats.
Autant que les adouls dans tout le Maroc, ce qui n’a rien à voir bien sûr. L’adoul unit les futurs membres d’une famille, le pitbull arrache des membres en moins de deux. Mais toujours aucune loi
d’interdiction de ces fauves dans la jungle casablancaise. Faut croire sans doute qu’il n’y a pas eu assez de gamins bouffés à la rubrique des chiens écrasés.
Par Yann
-
Publié dans : Chroniques
0
-
Recommander